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Rage

Virus de la rage

La rage est une maladie bien connue par la peur qu'elle suscite quand un animal suspect mord un individu. Elle a été l'occasion d'une des plus belles découvertes de PASTEUR et de ses collaborateurs avec le traitement vaccinal de la maladie.

UN SITE ESSENTIEL ET REMARQUABLE A CONSULTER : http://www.microbe-edu.org/etudiant/rhabdoviridae.html


1. le virus

Il appartient à la famille des RHABDOVIRIDAE .

Virus à ARN monocaténaire linéaire simple brin et de polarité négative, à symétrie hélicoïdale, enveloppé (pouvant exister sous trois aspects morphologiques : une forme allongée en obus, une forme ronde, une forme filamenteuse)

Son enveloppe ayant pour origine la membrane cytoplasmique de la cellule parasitée est recouverte d'hémagglutinines.

Comme la plupart des virus enveloppés il est très fragile, il est donc absent du milieu extérieur mais il est très longtemps infectieux dans l'organisme.


2. le cycle de multiplication et propriétés antigéniques

Le récepteur du virus est, sur les neurones, le récepteur nicotinique à l'acétylcholine.

La multiplication est entièrement cytoplasmique (voir multiplication des virus à ARN de polarité négative ) .

L'enveloppe se constitue soit :

  • à partir du réticulum endoplasmique
  • à partir de la membrane plasmique

L'infection rabique fait apparaître :

  • des Ac neutralisants
  • des Ac neutralisant l'hémagglutination
  • des Ac fixant le complément, spécifiques d'Ag solubles
  • des Ac précipitants


3. la maladie et son épidémiologie

la maladie

Le réservoir du virus est constitué d'animaux (loups, renards, chats, chiens, mouflette, raton-laveur, chauve-souris)

La transmission du virus se fait par voie cutanée ou muqueuse au niveau d'une morsure, griffure par la bave d'un animal contaminé (il ne traverse pas la peau saine mais traverse les muqueuses saines).

Il se multiplie dans les cellules musculaires proches puis gagne le système nerveux central en cheminant le long des axones ou dendrites des nerfs périphériques. Il se multiplie dans le système nerveux central. Les virus gagnent alors les ganglions sous-muqueux de la langue et les canaux salivaires et ils sont rejetés au dehors avec la salive, ce qui assure sa dissémination.

On peut également rencontrer des virus au niveau des poumons, reins, pancréas...

La rage est mortelle pour l'homme si le traitement antirabique n'est pas fait très rapidement (dès la morsure ).

Le comportement des malades est caractéristique avec : hydrophobie, aérophobie, très grande agressivité, hallucinations et convulsions. L'agressivité est parfois remplacée par l'apathie. Des paralysies des membres postérieurs sont fréquentes chez l'animal.

diagnostic

Le diagnostic, non réalisé chez l'homme qui est traité dès la morsure suspecte, se fait avant tout chez l'animal mordeur, par diagnostic indirect, mise en évidence des Ac anti rabiques par immunoenzymologie ou par diagnostic direct immédiat :

  • mise en évidence des virus sur calques de tissus nerveux par détection des Ag viraux par IF directe
  • examen histologique des calques après coloration afin de rechercher des inclusions cytoplasmiques correspondant aux amas viraux (corps de Négri) donc détection des effets cytopathogènes (ECP).
  • mise en culture du broyat de cerveau ou de salive et observation des ECP : inclusions cytoplasmiques correspondant aux amas viraux (corps de Négri)

On doit donc, si possible, capturer l'animal suspect. S'il est abattu, sa tête sera envoyée vers un centre de diagnostic.

traitement et prophylaxie

La vaccination a été inventée par PASTEUR : c'est cette vaccination qui le rendit particulièrement célèbre le 6 juillet 1885. Il vaccinait pour soigner des hommes atteints d'une maladie qui sinon les tuait à coup sûr. (cette vaccination est une des rares à effet curatif et non seulement préventif)

On peut résumer la génèse ainsi :

  • récolte du virus chez les animaux enragés
  • inoculations répétées à des animaux (en déposant le virus sur le cerveau après trépanation)
  • récupération de moelles et séchage afin d'atténuer le virulence du germe. L'agent dessicant est l'hydroxyde de sodium.
  • injection de moelles vieillies (après contrôles sur le chien) aux malades et répétition des injections.

Aujourd'hui la vaccination reste le principal moyen thérapeutique : le vaccin est produit sur culture cellulaire puis inactivé (par la béta-propriolactone). Il existe un virus atténué utilisé pour la vaccination animale et un virus de vaccine recombinant exprimant les antigènes vaccinants du virus utilisé, incorporé dans des têtes de poulets, pour la vaccination par hélicoptère des renards.

On peut toutefois injecter des Ig humaines antirabiques aux mordus.

La vaccination est faite en prévention chez les personnels à risque (au contact des animaux sauvages ou du virus pour les personnels de laboratoire de diagnostic). Elle est fortement conseillée aux voyageurs se rendant en zone d'endémie et exposés, tout particulièrement en Asie et spécialement en Inde). Trois injections à J0, J7 et J28 puis un rappel à 1 an, pour une durée de protection de 5 ans.

La procédure pour l'homme suspecté d'être atteint de la rage est la suivante :

  • laver soigneusement la plaie (ne pas oublier la désinfection utile contre d'autres maladies !)
  • commencer immédiatement la vaccination
  • injecter localement le sérum antirabique
  • attraper l'animal responsable sans se faire mordre !


Du Monde du 11 mars 2000, complété du Monde du 16 mai 2001 et de mai 2005

  •  
    • 1968 : 2227 cas de rage diagnostiqués (réapparition après 50 ans sans rage)
    • 1969 : 4212
    • 1989 : 4212 cas de rage diagnostiqués
    • 1991 : 2165
    • 1994 : 99
    • 1996 : 17
    • 1997 : 0
    • 1998 : 0 ou 1 (dernier cas recensé)
    • 1999 : 0
  • La rage réapparait en France le 26 mars 1968 en provenance d'Europe de l'EST. Depuis, elle est diagnostiquée sur 10 000 animaux domestiques et 40 000 animaux sauvages (dont 80 % de renards).

    On lance alors une grande campagne de destruction massive des renards : deux millions sont tués entre 1968 et 1991. Sans effet !
    Mieux valait prévenir : à la fin des années 1980 les lâchers par hélicoptères de vaccin oral du renard sont commencés.
    Résultats :

    Au 10 mai 2001, la France est de nouveau considérée comme pays indemne de la rage. On s'inquiète toutefois de la possibilité de transmission par les chauves-souris, mode existant en Amérique mais détecté depuis 1989 en France.

carte de la rage en France


en Europe, la rage est actuellement présente dans l'ensemble de l'Europe de l'EST (pays baltes, Est de la Pologne, Slovaquie, Hongrie, ex Yougoslavie, Turquie...) Elle est absente en Grande Bretagne, Irlande, Norvège, Suède, Finlande, Portugal, Espagne, Italie, Albanie, Macedoine, Grèce).
Dans le monde elle est omniprésente. Outre l'Europe de l'Ouest (+ Suisse), sont indemnes L'Océanie, La Nouvelle Zélande, l'Australie et le Japon. Partour ailleurs elle peut sévir, en particulier en Amérique latine, en Inde.

La France, comme d'autres pays, peut être réinfestée par l'importation illégale d'animaux enragés. Une importante alerte a été lancée en 2004 après l'import d'un chiot enragé du Maroc. L'extension des cas en Allemagne, et le franchissement du Rhin par la maladie, conduisent les autorités françaises à vacciner de nouveau les renards en mai 2005 dans l'Est de la France.