techmicrobio.eu
site destiné aux STL-Biotechnologies et aux BTS/DUT biologiques

Recherche

Text Size

Nous avons 14 invités et aucun membre en ligne

Immunopathologie

Mécanismes immunopathologiques : quelques notions sommaires

Bien des pathologies, non forcément infectieuses, sont liées à des dysfonctionnement du système immunitaire, spécifique ou non. Même si une cause externe intervient (l'agent pathogène, l'allergène), c'est l'exagération d'une réponse, parfois normale et utile, qui est en cause.

Quelles sont les différents cas d'immunopathologie ?


autoanticorps et autoimmunité

Les autoanticorps sont des anticorps dirigés contre des épitopes de molécules du soi d'un individu. Au moins dans certains cas, il est clair qu'une infection bactérienne peut être la cause de la maladie autoimmune : la spondylarthrite ankylosante est liée à la réaction contre la molécule de HLA B27 en réponse à une infection à une bactérie comme Klebsiella exprimant à sa surface des Ag ayant des épitopes commun avec HLA B27.

Il y a manifestement de bonnes raisons de penser que de nombreuses maladies autoimmunes suivent ce modèle mais on ne connaît malheureusement pas souvent les causes réelles.


hypersensibilités

On parle d'hypersensibilité en cas de réaction immunitaire excessive ou anormale à un antigène, réaction ayant toujours après un premier contact avec l'antigène.

type I : Anaphylaxie ou hypersensibilité immédiate.

Lors d'un premier contact avec l'Ag, l'organisme répond par production d'IgE. Ces Ig E se fixent sur les mastocytes ou les granulocytes basophiles. Lors du 2° contact avec l'Ag, l'union déclenche la " dégranulation " des cellules donc la libération des médiateurs, en particulier l'histamine qui est vasodilatatrice et déclenche la contraction de muscles lisses en particulier des bronchioles. Il peut s'ensuivre une forte hypotension, une asphyxie et un choc circulatoire. En cas de réaction générale la mort peut être très rapide. L'allergène en cause est souvent un médicament comme les bétalactamines ou les venins d'hyménoptères (abeilles, guêpes..). Quand la réaction est localisée, ce peut être le rhume des foins, l'asthme bronchique, les urticaires (peau).

type II : Cytotoxique

Ce type n'est pas très clair avec comme exemple l'incompatibilité lors de transfusion.
On observe donc la cytolyse médiée par les anticorps et le complément.

type III : maladie des complexes immuns faisant intervenir l'activité lytique du complément.

Les complexes immuns, normalement éliminés par les macrophages, sont parfois produits en quantité excessive et leur accumulation provoque la stimulation du complément qui stimule les réactions inflammatoires. Divers organes peuvent être atteints : les membranes basales des glomérules intestinaux (glomérulonéphrite aiguë des Streptococcus pyogenes), les articulations (arthrite) et la peau. Exemples : le lupus érythémateux disséminé (excès de complexes autoanticorps-Ag), maladie du poumon du fermier (complexes Ac-Ag formés de spores de mycètes dans les poumons)

type IV : réaction immunitaire cellulaire exagérée

Dans la réaction immunitaire cellulaire, la présentation des Ag à des LT particuliers déclenche une forte activation de nombreuses cellules actives contre l'Ag. Une réaction excessive provoque la destruction anormale des tissus. Cette HS est retrouvée dans de nombreuses maladies comme la tuberculose, la lèpre, l'histoplasmose (mycète), les leishmanioses (parasite procaryote), la candidose, des hépatites virales, les maladies dues aux Herpes Virus...


LPS

Le LPS, lipolysaccharide glycophospholipide de la membrane externe des bactéries Gram négatives, déclenche, chez certains individus particulièrement sensibles, soit par leur état infectieux, soit par l'existence de récepteurs particuliers, une réaction immunitaire exagérée des macrophages qui sécrètent de façon excessive certaines interleukines, et qui provoque une coagulation intravasculaire disséminée dangereuse, une hypotension, une hyperthermie. La surexpression des gènes porte en particulier sur l'IL6 (pour le méningocoque). On peut considérer le LPS comme une immunotoxine comme les superantigènes.

Les maladies classiques liées au LPS sont le typhoïde, les purpuras fulminans des méningocoques...


Superantigènes

Les superantigènes sont des molécules qui activent anormalement et de façon non spécifique une importante population de lymphocytes par une liaison entre lymphocytes T et CMH II des CPA. Il s'ensuit une libération massive, vu la population recrutée, de différents facteurs dans le milieu : IL-2, TNF-alpha, IFN-gamma. Ces facteurs déclenchent les troubles. IL2 provoque la fièvre, frissons, diarrhée et en grand excès une fuite d'eau capillaire. On peut, comme pour le LPS, parler d'immunotoxine.

Les molécules superantigènes sécrétées par des microorganismes sont les "entérotoxines" staphylococciques A à E, la toxine 1 du syndrome de choc toxique (TSST-1) et la toxine exfoliatrice du Staphylococcus aureus, la nucléocapside du virus de la rage, et probablement quelques autres molécules.


Immunosuppression (en travaux)

Certains virus (Ebola, rétrovirus) possèdent des séquences protéiques immunosuppressives.
Le virus de la rougeole inhibe la production d'IL12 (RFL 337).

Le virus de la grippe est d'autant plus virulent qu'il déclenche une production massive de TNF alpha, qui déclenche des troubles respiratoires d'hyperinflammation conduisant ou facilitant la surinfection bactérienne. Dans le cas du neuropaludisme, l'intervention du même TNF alpha est invoquée. L'inflammation provoquée faciliterait l'accumulation des hématies parasitées conduisant à l'obstruction des capillaires cérébraux.

 


Complément : d'après le Monde (et PLS) du 12 mars 2001

    Les maladies autoimmunes touchent 3 à 5 % de la population française et de façon prédominante les femmes.
    Quelques maladies autoimmunes importantes :

    Syndrome de Reiter des lymphocytes T attaquent des tissus de l'oeil, des articulations et du tractus génital
    Rhumatisme articulaire aigu des anticorps attaquent le muscle cardiaque (les valvules ?)
    Lupus érythémateux disséminé des anticorps attaquent certaines articulations, la peau, les reins et d'autres organes.
    Polyarthrite rhumatoïde des lymphocytes T attaquent les articulations.
    Maladie de Basedow, Thyroïdite de Hashimoto des anticorps attaquent la glande thyroïde.
    Myasthénie des anticorps attaquent les jonctions neuromusculaires
    Diabète insulinodépendant (de type 1) des lymphocytes T attaquent les cellules bétat des ilôts de Langherans du pancréas.
    Psoriasis des lymphocytes T attaquent la peau.
    Sclérose en plaques des lymphocytes T attaquent la gaine de myéline entourant certains neurones.