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  • Bien entendu, les produits à risque, c'est à dire ceux qui sont susceptibles de contenir un agent dangereux par voie aérienne, en un mot tuberculeux, me semblent à exclure simplement de nos enseignements pratiques. Seules les expectorations seront éliminées, les urines tuberculeuses étant particulièrement rares. Chacun sait que les LCR sont heureusement inaccessibles puisqu'on ne va pas prélever pour nous de grands malades ! Quant au prélèvement vaginal, les frottis peuvent largement suffire.
  • Quant à truquer les manipulations en microbiologie je n'en vois pas l'intérêt. Ajouter des E. coli dans une selle ne présente aucun intérêt puisque la selle normale nous les fournira et même nous en fournira de différents avec des selles différentes ce qui permettra de montrer la variabilité des caractères. Quant à faire de fausses selles avec des épinards, c'est vraient ne pas avoir peur du ridicule et bien compliquer les choses inutilement. On utilise donc en parasitologie des selles pathologiques (forcément !) simplement méthanalées (formolées). Faire autrement est ridicule et nous ridiculise comme soit disant formateurs pour le laboratoire. Ne parlons alors pas d'enseignement professionnel !
  • Quels risques présentent les bactéries dans nos établissements ? Les souches standards vendues fort cher par Pasteur ne sont pas forcément anodines mais les traitements possibles sont faciles à mettre en oeuvre. Notons toutefois la décharge de responsabilité demandée pour Streptococcus pneumoniae.

    On peut "s'autoriser à penser" que les souches vendues comme médicament sont innoffensives ! (BCG, Bacillus cereus du Bacille Subtil, Saccharomyces cerevisiae de l'Ultralevure...) comme celle de l'insecticide biologique (Bacillus thuriengensis).

    Les différents produits naturels possibles (aliments, urine ou selle normale, gorge des élèves, salive...), manipulés dans des conditions normales de sécurité, ne posent problèmes qu'à ceux qui pensent qu'une météorite va s'écraser sur le laboratoire. Qu'une viande puisse contenir de l'ESB est vrai, mais comment le prion pathogène va-t-il pénétrer le technicien ?

    Autre façon de poser le problème : combien d'élèves malades à cause du laboratoire ? (ne parlons pas de morts).

    On veut nous imposer par ailleurs la traçabilité : peut être faudra-t-il conserver 10 ans des cahiers indiquant quelles bactéries ont été manipulées tel jour par telle classe, pour laquelle on peut espérer une liste d'élèves conservée dans l'établissement. Que ceux qui veulent imposer de telles pratiques bureaucratiques réfléchissent un minimum sur la durée d'incubation des maladies bactériennes ou mycéliennes. Qu'ils réfléchissent aussi sur les moyens de prouver la relation entre un microorganisme utilisé au laboratoire à tel moment et la maladie déclarée, même quelques jours après (pensez aux enquêtes alimentaires dans le cas avéré de TIAC et le nombre de cas où la démonstration est faite ! ou pensez à l'investissement massif nécessaire dans le cas de cas récents de listérioses avec plus de 12000 souches isolées, identifiées, sérogroupées, lysotypées...)

    traitement des déchets

    Utiliser la filière des déchets contaminés pour les piquants coupants évite des accidents de personnel et facilite leur travail. Fumiger les laboratoires périodiquement ne sert à rien ce que "je" prouve avec la culture cellulaire (VOIR). Les désinfecter après toute manipulation et assurer un bon et fréquent nettoyage est beaucoup plus utile (et pédagogique).

    Quant aux déchets chimiques, je maintiens que toute mesure de récupération (ou d'interdiction de rejet) qui n'est pas accompagnée d'une quantité minimum à partir de laquelle la récupération est obligatoire, n'a aucun sens. Sinon, demandons la récupération des eaux de lavage d'une coloration de Gram ! Pour avoir visité une entreprise de traitement de déchets chimiques spéciaux, je peux témoigner que leur problème est de traiter des eaux polluées par des microquantités. N'oublions pas que l'activité de récupération est elle-même polluante.

    en guise de conclusion

    Que ces propos ne vous autorisent pas à conclure au manque de conscience civique et scientifique d'un vieux prof aigri. La sécurité sera correctement assurée avec des mesures raisonnables tant techniquement que financièrement, mesures discutées, évaluées, puis proposées avant d'être imposées.

    Quant aux souches, j'ai toujours dit et répété qu'il doit y avoir adéquation entre les souches utilisées (ou susceptibles d'être présentes) et, d'une part la formation et l'expérience des élèves et étudiants, et d'autre part l'organisation du laboratoire. On peut le traduire, très classiquement, en classe 1 pour les 2°... ou en BTS 1° année pour le premier trimestre. On ne voit pas l'intérêt de donner des Salmonella pour le premier Gram, ni des BK vivants pour faire un Ziehl.

    Mais de grâce, laissez nous faire les TP intéressants pour les élèves et les étudiants !! Et méfions nous d'une convention officielle qui ne pourrait qu'apporter des contraintes telles que bientôt il faudra faire signer le patron du supermarché où l'on achète les yaourts pour les TP. Le modèle du sang est clairement celui qu'il faut rejeter ! (même si le risque est nul on doit utiliser des gants, impossible de faire, officiellement, un TP sur les hémoglobines S etc...). J'invite les rédacteurs de tels textes à bien remuer leur plume dans l'encrier avant de publier.

    Remarque : Tuberculose au lycée.

    Avant de déclencher le grand jeu, on réfléchit. Que l'élève ait craché (tuberculose pulmonaire) dans différentes classes n'est pas grave probablement, en tous cas pas pour désinfecter ! Ce qui peut se comprendre, l'alerte étant donnée après les vacances quand l'élève est à l'hôpital.
    La réaction des services officiels est lente et surprenante : avant que les radios systématiques soient faites et que des tests tuberculiniques (uniquement sur les jeunes !) soient entrepris, on prend encore son temps. Et si un autre cas contagieux était découvert, ne risque-t-on pas de crier au scandale ? Attendons la suite, mais il me semble qu'il convient de réfléchir et comparer les risques et dangers avant de prôner des mesures de sécurité maximale dont on sait très bien qu'elles ne sont pas respectées.